Le management « à la française » est-il dépassé ?

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Perçu comme paternaliste, autoritaire et archaïque, marqué par la prédominance des hiérarchies verticales et l’absence de dialogue, le « management à la française » doit se réinventer. Quelles techniques adopter pour mieux gérer sa force de vente ?

Devoir d’initiative et droit à l’erreur

Le monde de l’entreprise et du travail vivent une révolution dont certains affirment qu’elle est sans précédent :

  • Montée en puissance des technologies digitales,
  • Arrivée en force de la génération Y au sein des entreprises,
  • Nécessité absolue, dans un climat de concurrence exacerbée, d’être innovant et « customer centric » pour gagner et fidéliser ses clients,
  • Emergence de nouveaux modèles d’organisation du travail – ubérisation, modes collaboratifs, télétravail ou méthodes agiles,
  • Développement des économies verte, circulaire ou du partage.

En parallèle, le rôle du manager doit évoluer. La transformation est telle qu’elle impose avant tout d’être abordée avec beaucoup d’humilité et sans certitude. Le patron d’une grande entreprise française, présente dans de multiples secteurs de la distribution, délivre à ses managers un message qui tient en une phrase :

« Vous avez un devoir de remise en question, de prise d’initiative, de créativité, de dialogue et d’expérimentation, mais vous avez le droit à l’erreur. »
Un mot à prendre toutefois au singulier. « Errare humanum est, sed perseverare diabolicum est. » *
*  « L’erreur est humaine, c’est l’entêtement dans l’erreur qui est diabolique ! » 

Le manager du futur est un coach et un communicant…

Si le rôle du manager est à réinventer, il est toutefois possible d’en esquisser les contours. Le manager de demain sera un « coach », qui fait confiance mais responsabilise, qui n’affirme pas mais conseille, qui accompagne mais conduit vers l’autonomie. Le manager sera proche de ses collaborateurs sans être leur « copain », il attendra d’eux une performance économique et une progression et donnera à chacun le temps et les moyens d’y parvenir. Psychologue, il devra nécessairement savoir tirer le meilleur de chacun, quelle que soit sa personnalité, ses atouts ou ses points faibles, et trouver pour tous des sources de motivation ciblées. Ce sera également un excellent communicant, capable d’exprimer et de traduire clairement la stratégie et les valeurs de l’entreprise. Par dessus tout, il sera disponible pour écouter, partager et faire circuler l’information. Toujours d’un regard bienveillant mais franc dans ses propos, il sera en mesure de « remonter les bretelles » d’un groupe ou d’un salarié qui dysfonctionnent tout autant que de les valoriser sincèrement, à chaque effort produit, objectif atteint ou challenge relevé.

… Exemplaire et solidaire

Ce sera aussi, à titre individuel, un professionnel sachant faire preuve d’exemplarité et de solidarité. Les collaborateurs ont besoin de se référer à un modèle qui inspire confiance par ses actes et comportements et s’applique à lui-même les principes qu’il demande aux autres de respecter. Tout défaut de cohérence, dans le discours comme dans les actes, est à bannir. Enfin, il partagera les succès comme les échecs, en prenant dans chaque cas sa part de responsabilité. Perdre ou gagner, mais ensemble, pour conserver la cohésion du groupe et travailler à des succès futurs. D’ailleurs, Nelson Mandela, leader d’exception s’il en fut, prétendait que la défaite n’existe pas : « je ne perds jamais », disait-il, « je gagne, ou j’apprends… »

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