Mixité professionnelle dans la vente : mais où sont les femmes ?

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Près des trois-quarts des emplois dans le secteur de la vente en France sont occupés par des hommes. Mais où sont les femmes ?

La part des femmes parmi les commerciaux ne cesse d’augmenter. Entre 1990 et 2014, elles seraient passées de 14 % à 30 % au sein des entreprises françaises si l’on en croit les chiffres de la Dares. De son côté, LinkedIn constate aussi une progression du nombre de commerciales qui utilisent son réseau. En 2014, elles représentaient ainsi 39 % des utilisateurs dans le secteur de la vente. Pour autant, les postes clefs sont toujours majoritairement occupés par les membres de l’autre sexe. Est-ce parce que la vente est une affaire d’homme ? Absolument pas, rétorque Noémie qui n’a pas à rougir devant ses collègues masculins.

« On a beaucoup plus d’exigences envers les femmes »

En 25 ans de carrière au sein d’un grand groupe de publicité, elle a vu le métier de commercial évoluer, mais elle a toujours été certaine d’une chose : les femmes aussi peuvent le faire. « Mais cela ne veut pas dire qu’elles sont sur un pied d’égalité, car on a beaucoup plus d’exigences envers les femmes », constate Noémie.

« Il va toujours y avoir une arrière-pensée par rapport aux résultats et au fait qu’on peut être maman. »

Si les relations avec les managers ne sont pas toujours évidentes, celles avec les collègues peuvent aussi s’avérer délicates. « Les hommes ont une approche respectueuse par rapport à notre statut, mais ils ont la capacité de faire passer des choses qui ne nous plaisent pas sous couvert de l’humour. Cela peut parfois être pernicieux et mal perçu surtout en open space, et il faut avoir la capacité de passer outre », se confie-t-elle. Malgré cela, les relations professionnelles ne sont pas pires avec les hommes qu’avec d’autres collègues féminines. Les tensions peuvent être différentes, mais elles sont toutes dues à un même souci inhérent au secteur de la vente : la concurrence. Noémie se souvient d’ailleurs de ses débuts, lorsque, jeune commerciale, elle a dû intégrer une équipe exclusivement féminine. « Cela s’est révélé compliqué, parce qu’il y a eu des crises de jalousie et de légitimité par rapport aux zones de chacune », se rappelle-t-elle.

« S’affirmer de manière positive »

Face aux clients, les femmes sont confrontées à d’autres problèmes. Il peut y avoir une certaine méfiance – encore qu‘« aucun client ne m’a jamais dit qu’il préférait voir un collègue masculin » – ou, à l’inverse, un peu trop de familiarité. « À 20 ans, quand je voyais ces messieurs, certains proposaient des cadeaux, des cafés, et plus si affinité. Maintenant, je cerne mieux les personnages et je vois ceux qui veulent parler vente et ceux qu’il faut remettre à leur place », explique Noémie, en précisant : « Une fois que les choses sont claires, les rapports professionnels reprennent normalement. » Tellement normalement, que Noémie a pu mener une carrière tout aussi enrichissante que ses collègues masculins et qu’elle partage aujourd’hui son expérience en école de commerce.

Dans la salle de classe, elle voit autant de garçons que de filles et ne cherche surtout pas à décourager ces dernières. Au contraire, elle leur donne quelques conseils pour s’imposer dans le monde de la vente : « Il faut avoir du caractère, bien connaître son sujet et s’affirmer de manière positive dès les premiers rendez-vous ». Un discours qu’elle pourrait tout aussi bien tenir aux garçons.

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